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Transferts / Premier League / 511 millions d'euros dépensés en 3 ans : Arsenal, le glouton du mercato
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Publié 13/07/2022 à 00:02 GMT+2
PREMIER LEAGUE – Arsenal approche doucement mais sûrement de la barre des 100 millions d'euros investis sur le mercato. Cela confirme une tendance. Sur les trois dernières années, les Gunners ont déboursé plus de 500 millions sur le marché des transferts, un montant loin d'être compensé par leurs ventes. Mais la gloutonnerie du club londonien n'est pas sans but.
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Arsenal est dans ses standards. Alors qu'on approche seulement la mi-juillet, le club londonien s'est d'ores et déjà montré très actif sur le mercato. Avec les arrivées de Marquinhos (São Paulo, pour 3,5 millions d'euros), Matt Turner (New England, pour 6,5 millions d'euros), Fabio Vieira (FC Porto, pour 35 millions d'euros) et surtout Gabriel Jesus (Manchester City, pour 52,5 millions d'euros), les Gunners ont déjà déboursé la coquette somme de 97,5 millions d'euros depuis l'ouverture du marché des transferts. Oui, Arsenal approche doucement de la barre des 100 millions d'euros dépensés lors de cette fenêtre estivale.
La somme peut légitimement paraître vertigineuse. A ce stade du mercato, seuls deux clubs ont dépassé ce cap symbolique en Europe. Deux autres clubs de Premier League : Manchester City (108 millions d'euros dépensés) et Leeds (105 millions). Mais contrairement à eux, Arsenal n'a enregistré que des revenus minimes sur les ventes de joueurs : 14 millions d'euros, répartis sur les transferts définitifs de Matteo Guendouzi à Marseille (11 millions d'euros) et celui de Konstantinos Mavropanos à Stuttgart (3 millions d'euros). La balance achats/ventes des Gunners affiche ainsi un déficit de 83,5 millions d'euros sur ce mercato. Le solde négatif le plus élevé de cette fenêtre du marché des transferts en Europe.
- 392 millions d'euros, record d'Europe
Ce n'est que la confirmation d'une tendance sur les trois dernières années. L'époque Arsène Wenger, nettement plus sage, paraît bien loin. Depuis 2019, Arsenal est le troisième club le plus dépensier d'Europe avec un montant total de 511 millions d'euros investis sur le marché des transferts. Seuls Manchester City (575 millions d'euros) et la Juventus Turin (552 millions d'euros) ont investi davantage sur cette période. Et depuis 2019, les Gunners sont loin de compenser ce montant par leurs ventes. La balance achats/ventes est déficitaire à hauteur de 392 millions d'euros. Là aussi, c'est le solde négatif le plus élevé en Europe, assez loin devant Manchester United (- 332 millions d'euros).
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Le phénomène interpelle autant qu'il doit être relativisé. Sur les dix clubs qui ont la balance achats/ventes la plus déficitaire en Europe depuis trois ans, huit évoluent en Premier League. En Angleterre plus qu'ailleurs, les moyens sont plus importants pour compenser ce type de pertes. Même pour un club qui échoue systématiquement dans sa quête d'une qualification à la Ligue des champions. "Évidemment, avec l'argent des droits TV en Premier League et le prix des billets parmi les plus chers au monde, Arsenal génère toujours beaucoup de revenus bien qu'il ne soit pas en C1, souligne Tom Adams, journaliste de la rédaction anglaise d'Eurosport. C'est pourquoi ils peuvent se le permettre."
Özil, PEA, Lacazette : des actifs éliminés
Cette "soupape de sécurité" n'explique cependant pas pourquoi le solde négatif d'Arsenal est beaucoup plus important que celui des autres clubs de Premier League, qui en bénéficient également. C'est sur le plan stratégique, et le changement de cap radical opéré par les Gunners, que le club londonien se distingue dans le Royaume. "Il ne s'agit pas seulement d'acheter beaucoup de joueurs, explique Tom Adams. Dans ce cadre, ils ont éliminé impitoyablement des joueurs dont ils ne voulaient pas dans l'équipe. Et souvent sans recevoir la moindre indemnité de transfert, juste en acceptant simplement de résilier leur contrat."
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Les principaux cas sont connus. Il y a eu Mesut Özil, recruté au Real Madrid pour 47 millions d'euros en 2013 et libéré de son contrat pour s'engager avec Fenerbahçe à l'hiver 2021. Puis Pierre-Emerick Aubameyang, deuxième transfert le plus cher de l'histoire du club, acheté pour 64 millions d'euros à Dortmund en janvier 2018 et parti librement à Barcelone l'hiver dernier avant la fin de son bail avec les Gunners. "Et même Alexandre Lacazette (venu de Lyon pour 53 millions en 2017 et reparti sans indemnité de transfert à l'OL cet été, NDLR), même s'il était en fin de contrat, ajoute Tom Adams. Sur un plan purement financier, les pertes sur ces joueurs sont énormes".
Coûteux à court terme, rentable à long terme ?
Perdre des actifs importants sans récupérer le moindre euro explique en partie pourquoi Arsenal enregistre peu de revenus sur la vente de ses joueurs. D'un autre côté, les Gunners n'hésitent pas à investir des sommes qui peuvent paraître démesurées sur des jeunes, compte tenu de leur manque de références. Ben White, arrivé de Brighton l'été dernier pour près de 60 millions d'euros, est probablement l'un des exemples les plus marquants. "Avant, Arsenal recrutait des joueurs inadéquats avec des contrats importants, résume Tom Adams. Maintenant, c'est beaucoup plus réfléchi et stratégique. Bien que très coûteux."
C'est le changement de cap radical opéré par Mikel Arteta, le prix à payer pour renouveler un effectif et, surtout, bâtir un projet sur la durée. "Arsenal avait l'équipe avec la moyenne d'âge la moins élevée de Premier League la saison passée, rappelle Tom Adams. Ils essaient clairement d'avoir des actifs sur le long terme qui, s'ils quittent le club, leur permettront de faire une marge importante." En attendant cette éventualité, Arsenal espère bien que sa stratégie un brin gloutonne porte ses fruits et lui permette de retrouver enfin la Ligue des champions en fin de saison. D'autres recrues sont attendues cet été dans cette optique, quitte à creuser encore le déficit de la balance des transferts du club. La Premier League ne connaît pas la crise. Et Arsenal en est le meilleur exemple.
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